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L'industrie du bois russe sous pression après une baisse de 2.5 % de la production de bois d'œuvre

 Mardi 10 février 2026

L'industrie du bois russe sous pression après une baisse de 2.5 % de la production de bois d'œuvre

L'industrie du bois russe traverse une période de tensions persistantes, marquée par une baisse continue des volumes de production et une augmentation des risques réglementaires. Les données officielles indiquent une diminution de la production de bois de plus de 2.5 % l'an dernier, ce qui alimente les inquiétudes dans les secteurs de la sylviculture et de la transformation du bois.

Selon Rosstat, la production de bois d'œuvre en Russie a diminué, passant de 29.2 millions de mètres cubes en 2024 à 28.48 millions de mètres cubes en 2025. La production demeure nettement inférieure aux niveaux historiques. On estime qu'elle est actuellement inférieure de 2 à 3 millions de mètres cubes au pic de 2019, qui s'élevait à environ 32 millions de mètres cubes.

Ce ralentissement est dû à des difficultés structurelles plutôt qu'à des perturbations conjoncturelles. La demande intérieure s'est affaiblie, les marchés d'exportation se sont restreints et l'accès aux machines et technologies européennes s'est réduit. Ces pressions se font sentir aussi bien dans le secteur de l'exploitation forestière que dans celui de la transformation en aval.

La Chine absorbe désormais plus de 70 % des exportations de bois d'œuvre russes. La plupart des cargaisons sont composées de produits dérivés du bois résineux. La demande chinoise a sensiblement ralenti, ce qui a entraîné une baisse des volumes d'exportation et une diminution des marges pour les producteurs russes.

La production de bois d'œuvre résineux a diminué de 3.5 % l'an dernier, pour atteindre 25.7 millions de mètres cubes. Le mélèze de Sibérie, le pin sylvestre, l'épinette et le sapin représentent la majeure partie des volumes. Ces essences dominent les exportations des régions de l'Est.

La production de bois dur a évolué en sens inverse. La production a augmenté de 5.5 % pour atteindre 2.31 millions de mètres cubes. Le bouleau, le tremble, le chêne et le hêtre dominent l'offre de bois dur. Ces essences proviennent principalement des régions de l'ouest et du centre du pays. Cette croissance a été soutenue par la demande intérieure de transformation.

Ce déséquilibre de production met en lumière l'évolution des dynamiques régionales. Les producteurs de l'Est sont davantage dépendants des exportations, tandis que les usines de l'Ouest approvisionnent les marchés locaux. Cette disparité s'est accentuée avec le ralentissement de la demande étrangère.

Les modifications réglementaires proposées exercent une pression supplémentaire. La filière bois russe s'oppose aux amendements au Code forestier. Quatre des plus grands producteurs du pays ont fait part de leurs inquiétudes.

L'amendement a été présenté par l'Assemblée régionale d'Arkhangelsk. Cette région compte parmi les plus riches en forêts de Russie. La proposition impose aux entreprises forestières de récolter au moins 70 % de leur quota autorisé tous les quatre ans.

Les acteurs du secteur estiment que cette exigence est irréalisable. La planification des récoltes dépend des infrastructures, des conditions météorologiques et du financement. Des seuils obligatoires pourraient perturber les pratiques forestières durables. Certaines exploitations seraient contraintes de réduire leur activité.

Les producteurs préviennent que la production de bois résineux dans les régions de l'Est pourrait chuter de plus de 30 % en 2026 si l'amendement est appliqué. Les décisions d'investissement ont déjà été reportées. Les contrats d'approvisionnement à long terme sont en cours de réévaluation.

La conjoncture économique accentue les tensions. Rosstat a indiqué que l'économie russe a progressé d'un peu plus de 1 % en 2025. Cette croissance a été tirée par l'augmentation des dépenses militaires au cours des neuf premiers mois. Le rythme s'est toutefois fortement ralenti vers la fin de l'année.

Un taux d'intérêt directeur à deux chiffres a durci les conditions d'emprunt. Les industries à forte intensité capitalistique ont été touchées, notamment le secteur forestier. Les investissements dans les équipements de récolte et les installations de transformation ont été reportés.

Les sanctions continuent de limiter l'accès au financement international. La substitution des importations demeure incomplète. Les pénuries de machines persistent. Les gains de productivité sont freinés.

Les analystes constatent une hausse des coûts dans l'ensemble du secteur. Le prix des carburants reste élevé. La main-d'œuvre se raréfie. Les distances de transport s'allongent. Les marges se réduisent.

En conséquence, la production a été partiellement réduite. Plusieurs petites usines ont diminué leurs heures d'ouverture. Des ajustements de production ont été constatés dans de nombreuses régions.

Le ralentissement industriel généralisé se répercute désormais sur le secteur forestier, qui n'est pas épargné. La faiblesse des marchés d'exportation a accentué les difficultés nationales.

Les perspectives restent prudentes. Les économistes russes anticipent une amélioration limitée en 2026. La dernière enquête de la Banque centrale prévoit une croissance du PIB de 1.1 %. Le ministère du Développement économique table quant à lui sur une croissance de 1.3 %.

Pour l'industrie du bois, ces chiffres n'offrent que peu de réconfort. La demande chinoise devrait rester faible. L'incertitude réglementaire persiste. Les coûts d'exploitation sont en hausse.

Les producteurs se préparent à une nouvelle année difficile. La maîtrise des coûts est au cœur des stratégies. Certaines entreprises diversifient leur gamme de produits, tandis que d'autres ciblent des marchés asiatiques alternatifs.

Cependant, les possibilités d'ajustement sont limitées. Les contraintes infrastructurelles persistent. Le financement demeure coûteux. La clarté des politiques fait défaut.

Les acteurs du secteur préviennent qu'en l'absence de flexibilité réglementaire, une nouvelle contraction est probable. Les pertes de production pourraient s'aggraver et la confiance des investisseurs pourrait encore s'affaiblir.

Le secteur du bois russe aborde l'année 2026 sous pression. Les défis structurels persistent. La voie de la reprise semble étroite.

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