Mardi 10 février 2026

Au cœur de l'industrie du bois tropical, une révolution discrète est en marche, non pas dans le sol, mais dans les systèmes qui acheminent le bois de la forêt au marché. Lors d'une récente réunion, Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) Lors d'un webinaire, des experts du secteur ont présenté des arguments convaincants : l'avenir de la foresterie ne se résume pas à la culture des arbres ; il s'agit aussi de la manière intelligente dont nous les déplaçons.
Pour beaucoup dans le monde du travail du bois et de l'exploitation forestière, l'accent reste souvent mis sur la qualité du grain ou la durabilité de la récolte. Cependant, Professeur agrégé Nopparat Kaakkurivaara La faculté de foresterie de l'université de Kasetsart a mis en lumière une réalité stupéfiante : les transports peuvent engloutir 30 à 50 % du coût total du produit.
Les inefficacités de cette étape intermédiaire — dues à des infrastructures médiocres, au chargement manuel et aux obstacles réglementaires — ne nuisent pas seulement aux résultats financiers ; elles font grimper les prix du marché et étouffent la compétitivité mondiale.
Le professeur Kaakkurivaara a cité la Thaïlande comme un exemple éloquent de la rencontre entre tradition et nécessité de transformation. Actuellement, près de 90 % du bois Le transport s'effectue par la route, le chargement et le déchargement restant en grande partie manuels. Cette approche « traditionnelle » entraîne :
Si le transport ferroviaire et fluvial est courant en Europe, il reste sous-utilisé dans le secteur thaïlandais, n'étant employé que brièvement pour certains axes d'exportation. Le message était clair : même des gains d'efficacité marginaux peuvent générer des économies considérables, tant pour les petits exploitants que pour les grandes plantations.
La voie à suivre réside dans innovation. Kaakkurivaara s'est tourné vers la Scandinavie, et plus particulièrement vers la Suède et la Finlande, où les technologies « intelligentes » sont pleinement intégrées au secteur forestier. Des systèmes de pesage numériques aux GPS calibrésCes outils permettent aux camions d'emprunter les trajets les plus courts et les plus économes en carburant, réduisant ainsi l'usure et l'impact environnemental.
La traçabilité est un autre pilier de cette transformation numérique. L’OIBT a déjà obtenu des résultats positifs au Panama en utilisant des appareils mobiles et la technologie de numérisation pour résoudre les litiges relatifs aux mesures de volume, un modèle qui pourrait révolutionner le secteur du teck en Asie-Pacifique et en Afrique de l’Ouest.
« L’avenir des transports est intelligent, durable et conçu pour générer moins de déchets, de coûts et de dommages », a conclu le professeur Kaakkurivaara.
Le webinaire a également servi de débriefing pour le 5e Conférence mondiale sur le teck (WTC) tenue au Kerala, en Inde, fin 2025. Professeur Yongyut Trisurat a expliqué comment la communauté mondiale du teck se tourne vers des solutions de haute technologie.
Les principaux points à retenir de la conférence sont les suivants :
Dans le cadre de la deuxième phase de son projet phare, l'OIBT s'engage à ce que les petits exploitants agricoles ne soient pas laissés pour compte à l'ère du numérique. En leur donnant accès à ces innovations, l'organisation vise à améliorer le bien-être des communautés tout en protégeant la biodiversité et en atténuant les changements climatiques.
Dans un monde où chaque centime et chaque gramme de carbone comptent, le passage de l'industrie du bois à l'ère numérique n'est pas un luxe, c'est une nécessité pour sa survie.
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Image publiée avec l'aimable autorisation : © Paula Sarigumba/OIBT
Tags: numérisation de la chaîne d'approvisionnement du bois, Projet en teck de l'ITTO, technologie forestière durable, efficacité du transport du bois, logistique du bois tropical
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